Société

I can't breathe

Mars 2026

Black live matter

« I can’t breathe » Eric Garner

Un mouvement social et politique

Black lives matter, également nommé BLM, dénonce les exactions commises à l’encontre des personnes afro-américaines. « Les vies noires comptent » est un courant qui milite contre les tensions raciales qui agitent les États-Unis depuis plusieurs années. Le mouvement organise majoritairement des manifestations contre le racisme et la violence des policiers face à la communauté afro-américaine.

La naissance de BLM

C’est en 2013, suite à l’acquittement de George Zimmerman, un participant bénévole d’une surveillance de voisinage qui a tué par balles Trayvon Martin, un adolescent de 17 ans non armé, que BLM fait son apparition. Fondé par trois femmes, Alicia Garza (militante afro-américaine), Patriss Cullors (artiste et militante afro-américaine) et Opal Tometi (défenseuse des droits de l’homme afro-américaine), Black lives matter émerge par un hashtag sur Twitter.

En 2014, le mouvement prend de l’ampleur. Après les morts injustes de Michael Brown (adolescent de 18 ans) et Eric Garner (père de six enfants), des manifestations sont organisées. La première a lieu en août 2014 à Ferguson, dans le Missouri. Depuis, des milliers d’actions ont été menées.

All lives matter

Certaines personnes ont tentés de détourner le slogan initial par « All lives matter », accusant le mouvement de ne se préoccuper que des vies afro-américaines. Des personnalités comme Mark Zuckerberg (fondateur de Facebook) ont demandé à leurs employés d'arrêter de barrer les mentions « Black Lives Matter » et de les remplacer par « All Lives Matter » sur les murs dédiés à l'expression des bureaux de l'entreprise. D’autres, comme Barack Obama (44e président des États-Unis) ont défendus BLM, affirmant que les Noirs subissent une persécution particulière et qu’il est nécessaire de leur offrir une protection particulière.

George Floyd

Lundi 25 mai 2020 : un homme afro américain de 46 ans décède à Minneapolis devant un restaurant lors d’une arrestation.

George Floyd a été arrêté par la police pour suspicion de faux-monnayage. Dès le début, la séquence est filmée, rappelant l’arrestation d’Eric Garner. On y voit l’homme paniqué qui répète sans arrêt « pardon, pardon, je n’ai rien fait ». Mais également « Ouvrez au moins la fenêtre je suis claustrophobe » lorsque les policiers l’enferment à l’arrière de la voiture. Une fois sorti, le policier Derek Chauvin place son genou sur le cou de George Floyd durant 8 minutes et 46 secondes alors même qu’il ne cesse de répéter « i can’t breathe ».

21h25 : George Floyd est déclaré mort.

Le juge a ordonné que les vidéos soient rendues publiques et a relevé les quatre policiers de leurs fonctions. Pour autant, aucune peine n’a été prononcée.

Black lives matter atteint son apogée. Des centaines de personnes viennent manifester. Des militants interrompent certains meetings afin d’inclure des questions raciales dans leurs programmes, et ça marche ! En 2020, Black lives matter apparaît dans le classement des « plus influents mouvements dans le monde de l’art » selon le célèbre magazine Art review. En 2021, Derek Chauvin est condamné à vingt-deux ans de prison ferme. Black Lives Matter s’impose ainsi comme un mouvement majeur du XXIᵉ siècle, révélant des inégalités persistantes et obligeant la société américaine à interroger ses institutions.

Leyna Pastor-Mihindou

Vignette Crit'Air

Mai 2026

Un projet de loi proposé par un élève du lycée

PROJET DE LOI : Établissement de l’Étiquetage Écologique Transparent (E.E.T.)

EXPOSÉ DES MOTIFS

Le présent projet de loi vise à mettre fin aux pratiques de greenwashing en substituant à l'affichage environnemental actuel une mesure globale de l'empreinte écologique des produits. L'objectif est d'informer le consommateur non seulement sur la phase de consommation, mais également sur l'intégralité du cycle industriel, de l'extraction des matières premières jusqu'au traitement des déchets.

ARTICLE 1 : Création de l’Indicateur E.E.T.

À compter du 1er janvier 2027, tout produit manufacturé mis en vente sur le territoire national doit faire l'objet d'un affichage environnemental double, décomposé comme suit :

1. L’Impact à l’Utilisation (IIU) : Mesure les rejets polluants, gaz à effet de serre et consommations énergétiques directs lors de l’usage normal du produit.

2. L’Impact sur le Cycle de Vie (IICV) : Mesure l’empreinte écologique globale intégrant l’extraction, la transformation, l’assemblage, le transport et le potentiel de recyclage.

ARTICLE 2 : Modalités d’Affichage

L'affichage doit être apposé de manière visible sur le produit, son emballage, ainsi que sur tout support de communication publicitaire. Il se compose d'une échelle colorimétrique allant de A (vert) à G (rouge) associée à un score de performance numérique sur 100.

ARTICLE 3 : Réforme des Aides Publiques et ZFE

Aides à l'achat : L’octroi de bonus écologiques ou de subventions d'État est strictement conditionné à l’obtention d’une note minimale combinant l’IIU et l’IICV. Un produit faible en émissions à l’usage mais polluant lors de sa production ne peut prétendre à aucun avantage fiscal.

Circulation (ZFE) : Les restrictions de circulation au sein des Zones à Faibles Émissions se baseront désormais sur le score global E.E.T., garantissant que seuls les véhicules les plus vertueux sur l'ensemble de leur vie accèdent aux centres-villes.

ARTICLE 4 : Mesures Douanières et Importations

Tout produit importé dont le fabricant ne peut justifier d'une Analyse de Cycle de Vie (ACV) certifiée par un organisme indépendant agréé sera soumis à un malus douanier forfaitaire, calculé sur la base du mix énergétique le plus polluant du pays d'origine.

ARTICLE 5 : Sanctions

En cas de défaut d'affichage ou de déclaration frauduleuse des données environnementales : Le contrevenant est passible d'une amende forfaitaire de 75 000 €. En cas de publicité mensongère s'appuyant sur des scores erronés, l'amende pourra être portée à 225 000 € ou 5 % du chiffre d'affaires annuel.

Contextualisation :

Nées en 2019 pour réduire la pollution urbaine, les Zones à Faibles Émissions (ZFE) ont été étendues en 2021 à de nombreuses agglomérations françaises. Leur principe était de classer les véhicules selon leurs émissions via les vignettes Crit'Air, et d'interdire les plus polluants d’accéder aux centres-villes. Paris, Lyon, Grenoble, Rouen, Strasbourg… au total onze grandes métropoles avaient mis en place ce système de restriction.

Écologiquement parlant, les résultats n'étaient pas négligeables. À Lyon, les émissions d'oxydes d'azote ont baissé de 17 % entre 2018 et 2021 dans le périmètre de la ZFE. À Rouen, une baisse de 15 % des émissions polluantes a été enregistrée en 2024. Et puis sanitairement, l'enjeu est réel : en France environ 40 000 personnes meurent prématurément chaque année à cause de la pollution de l'air.

Pourtant, le dispositif n'a jamais cessé d'être contesté. Le reproche principal qui lui était fait était son caractère inégalitaire. Les vignettes Crit'Air classaient les véhicules selon leur année de fabrication et leur motorisation. Les ménages modestes, souvent propriétaires de véhicules anciens et donc polluants, se retrouvaient de fait exclus des centres-villes sans avoir les moyens de changer de véhicule. Le gouffre entre enjeux sanitaires et justice sociale a structuré tout le débat avec, d'un côté, des milliers de décès liés à la pollution et, de l'autre, un système jugé "séparatiste" qui pénalisait les automobilistes les plus modestes.

Ainsi, le 14 avril 2026, les députés ont fini par trancher et ont officiellement acté la suppression des ZFE lors du vote de la loi de simplification de la vie économique, par 275 voix contre 225. Décision confirmée le lendemain par le Sénat. L'initiative a été portée par les groupes du Rassemblement National, de la Droite républicaine et de La France insoumise. Le gouvernement, lui, a défendu un amendement de compromis laissant aux collectivités le choix de maintenir leur dispositif —mais il a été rejeté par 192 voix contre 149. L'avenir juridique du texte reste incertain : plusieurs groupes parlementaires espèrent que la suppression sera censurée par le Conseil constitutionnel, saisi en parallèle du vote.

Mais au-delà de la question légale, la suppression des ZFE met en lumière une limite structurelle que le débat a peu abordée : les vignettes Crit'Air ne mesuraient que les émissions à l'usage. Elles ignoraient totalement ce qu'il faut extraire, transformer et assembler pour produire le véhicule. Un angle mort qui, pour certains, invalide le dispositif dans sa conception même, et ouvre la voie à une réflexion plus globale sur ce que devrait réellement mesurer un étiquetage écologique.

Présentation du projet de loi :

Et c’est d’ailleurs pour remédier à ce paradoxe qu’un élève de première, Léonard Grille, a rédigé un projet de loi visant à établir un Étiquetage Écologique Transparent (EET). Léonard est passionné d’automobile et la rédaction de ce projet est une initiative personnelle née lorsqu’il s’est rendu compte du caractère incomplet des ZFE et des vignettes Crit’Air. Son but est de mettre fin aux pratiques de greenwashing en substituant aux vignettes Crit’Air une mesure globale de l'empreinte écologique des produits. A terme, le consommateur sera informé non plus seulement sur la phase de consommation, mais également sur l'intégralité du cycle industriel, de l'extraction des matières premières jusqu'au traitement des déchets.

Pour ce faire, l’actuelle vignette sera augmentée d’informations sur l’impact du cycle de vie des véhicules telles que l’extraction, la transformation, l’assemblage, le transport et le potentiel de recyclage. Léonard a aussi réfléchi aux modalités d'affichage. Les informations doivent être faciles à comprendre et pour cela l'étiquette sera apposé de manière visible sur le produit et sur tout support de communication publicitaire. Les véhicules seront alors classés selon une échelle colorimétrique allant de A (vert) à G (rouge) associée à un score de performance numérique sur 100.

Des aides à l'achat octroyant des primes de bonus écologiques ou des subventions d'État seront strictement réglementées. Et surtout, un produit faible en émissions à l’usage mais polluant lors de sa production ne pourra prétendre à aucun avantage fiscal. De plus, les restrictions de circulation au sein des Zones à Faibles Émissions se baseront désormais sur le score global EET, garantissant ainsi que seuls les véhicules les plus vertueux sur l'ensemble de leur vie accèdent aux centres-villes et que tout personne ne soit exclu pour la simple et mauvaise raison qu’il n’a pas les moyens d’acheter un nouveau véhicule.

Enfin, pour éviter de se retrouver dans une situation où des produits importés ne respectant pas les règles en vigueur deviennent majoritaires sur le marché, entravent l’économie et défient les lois, tout produit importé dont le fabricant ne peut justifier d’une certification octroyée par un organisme agréé sera soumis à un malus douanier forfaitaire. Et diverses sanctions ont aussi été réfléchies.

Ce projet innovant permettrait d'apporter plus de cohérence à des règles pour l’instant absurdes et délétères et plus d’efficacité à une transition écologique défavorisée et minée par les retours en arrière…

Elisa Adeline